Résumé de la session
Un siècle avant que nos vies ne commencent vraiment, Voarmur a été engloutie par ce que l’on appelle aujourd’hui le Désastre.
Personne ne sait encore ce qui s’est passé ce jour-là. Certains parlent d’un cataclysme, d’autres d’une défaillance d’une technologie trop avancée pour que quelqu’un en comprenne les mécanismes. Tout ce que nous savons, c’est que le cœur même de la ville s’est effondré, révélant sous les ruines un réseau démesuré de tunnels et de cavernes.
À la place de la cité centrale disparue se tenait désormais le Labyrinthe d’Yggdrasil, blotti sous les racines du grand arbre sacré. Un gouffre sans fond, un mystère colossal, une opportunité… ou une menace.
Pendant cent ans, Voarmur a vécu avec ce vide béant sous ses pieds. Et puis, un jour, le Sénat a décrété que l’ouverture contrôlée du Labyrinthe était enfin possible. C’est devenu un nouveau pilier de la ville : un moteur économique, un appel d’air pour les guildes d’explorateurs, et surtout… un lieu où les destins se forgent.
Quant à nous, notre histoire commence il y a seulement sept ans.
Pas dans le Labyrinthe.
Pas dans une grande cité.
Mais dans un lit d’orphelinat, à Batavia.
Nous nous sommes réveillés tous ensemble, sans nom, sans passé, sans souvenir — rien qu’un vertige, un silence intérieur, et les regards inquiets de ceux qui nous avaient trouvés. On raconte que nos corps avaient été découverts dans des ruines proches de la ville, comme si nous avions été déposés là.
Impossible de dire combien de temps nous étions restés inconscients.
Impossible de savoir ce que nous avions été, ou ce que nous avions perdu.
Alors nous sommes devenus les Égarés.
Un nom offert par les autres, mais que nous avons fini par faire nôtre.
Un lien aussi — car n’ayant aucun souvenir, nous n’avions que nous sur qui compter.
Pendant sept années, nous avons grandi séparément, chacun suivant un chemin différent, tentant de trouver une place dans un monde qui n’était pas vraiment le nôtre.
Oktar, lui, a vécu un destin plus lourd encore.
Il s’est attaché à un homme nommé Tailos, qui devint son ami, son repère, presque son frère. Mais Tailos est mort dans un conflit absurde entre deux nations, né des ambitions d’un dirigeant corrompu. Après cela, Oktar s’est effondré, englouti par l’alcool et la culpabilité, réduit à l’ombre de lui-même.
Tout a basculé lors d’une cérémonie d’entrée dans le Labyrinthe, à Voarmur. Oktar a vu Tailos. Il en est persuadé. Une apparition fugace, irréelle… mais suffisante pour rallumer quelque chose en lui.
Convaincu que son ami était vivant — ou qu’une vérité se cachait là-dessous — il a décidé d’entrer dans le Labyrinthe. Et pour la première fois depuis sept ans, il nous a appelés. Il avait besoin de nous. Et peut-être que nous avions besoin de lui autant que lui avait besoin de nous.
Nous nous sommes retrouvés à Batavia — cinq silhouettes venues de cinq vies différentes, mais unies par le même vide au fond du regard. Après de chaleureuses retrouvailles, nous avons suivi Oktar jusqu’à Voarmur, la ville des explorateurs.
Là, nous avons frappé à la porte de la Guilde des Aventuriers, dirigée par Marcos.
Et c’est ainsi que, sans passé et sans certitude, nous avons décidé de devenir une guilde.
Pas une grande.
Pas une glorieuse.
Mais la nôtre.
Nous sommes les Égarés.
Et si personne ne connaît nos origines, alors c’est dans les profondeurs du Labyrinthe d’Yggdrasil que nous irons les chercher.
Notre véritable aventure a commencé le jour où nous avons enfin posé le pied dans le Labyrinthe. En récupérant l’insigne qui en garantissait l’accès, nous avons senti la portée de ce premier pas : plus de retour en arrière, plus de barrière entre nous et l’inconnu.
Nous avons pénétré dans la première strate, le Bois de la Cascade, où la boue épaisse ralentissait nos pas et avalait nos traces. C’est là que Kujura nous a mis en garde contre les FOE, ces menaces qui rôdent comme des ombres vivantes dans le Labyrinthe. Nous avons compris qu’ici, une mauvaise décision pouvait signer notre fin. Nos rencontres avec la guilde MioRaem, ainsi qu’avec Agata et Hypatia de Murotsumi, nous ont rappelé que malgré les dangers, nous n’étions pas seuls. Et pourtant… dans ce lieu, chaque allié est aussi fragile que nous.
Nous avons identifié nos premiers FOE : les Lézards goinfres et les Tyrans déchaînés. Leur simple présence nous a obligés à repenser notre manière d’explorer, à apprendre quand avancer… et quand nous faire oublier. L’approche prudente est devenue notre seconde nature.
Profondément dans la strate, nous avons mis la main sur une épée portant la signature « Conrad – Guilde Freeblade ». Un trophée oublié, ou un avertissement silencieux ? En la rendant à Conrad, nous avons gagné plus qu’une faveur : il nous a révélé un passage secret menant à trois coffres au trésor, preuve que même dans le Labyrinthe, la confiance peut payer—si elle est placée au bon endroit.
Un des coffres, gardé par un FOE, renfermait un Marteau magique d’une puissance ancienne. Après en avoir débattu, nous avons décidé de le vendre à Conrad pour 1250 Ental : un choix pragmatique, dicté par les besoins d’équipement et les difficultés croissantes que nous savions devoir affronter.
Ces premiers pas dans le Labyrinthe n’ont été qu’un prologue aux dangers à venir. Entre les marécages traîtres, les bêtes en embuscade, les passages secrets à dénicher, les alliances à construire et les créatures titanesques à éviter, nous sentons déjà que le Labyrinthe cherche à nous tester, à nous observer, peut-être même à nous attirer vers quelque chose de plus profond.
Mais nous sommes les Égarés. Et pas une seule fois, depuis ce premier jour, nous n’avons hésité à poursuivre vers l’inconnu.
Résumé du début de l'aventure